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Mon bilan d’une semaine d’écriture en résidence au Moulin d’Andé !

Loin de moi les talents de hacking de Lisbeth Salander; aujourd’hui, c’est en totale légalité que Timothée m’a donné carte blanche pour écrire l’article de mon choix sur Apprendre le scénario !

Je m’appelle Swann, je suis comédienne et diplômée d’un Master de recherche cinématographique, et comme vous, j’aime écrire. Dans cet article, je vais faire avec vous le bilan de ma semaine d’écriture en résidence au Moulin d’Andé. L’occasion de partager avec vous mes conseils et ce que j’en ai tiré.

Mes premiers pas dans l’écriture

Laissez-moi vous raconter mes débuts dans le vaste monde du scénario.

L’année dernière, je me lance dans la folle aventure qu’est l’écriture d’un scénario et j’écris mon premier court-métrage. Une fois l’euphorie de la création passée, je me mets sérieusement à glaner des infos un peu partout concernant « l’après écriture »; histoire de ne pas laisser dépérir le fruit de mon travail au fond d’un tiroir… Je me demandais très sincèrement ce que je pouvais faire de mon histoire maintenant qu’elle existait sur papier.

Je découvre alors un véritable vivier de concours de scénario de court-métrage (voir l’article sur Le calendrier des aides), avec parfois à la clé, un séjour en résidence d’écriture, comme c’est le cas pour la résidence Création Normande qui a lieu au Moulin d’Andé. Prenant mon courage à deux mains, j’envoie donc ma candidature pour cette résidence.

Chez l’imprimeur, rassemblant les pages de mon dossier !

Et Ô Miracle, je reçois une réponse positive un mois plus tard !

Je vais partir en résidence d’écriture. Et pas n’importe laquelle ! Au célèbre Moulin d’Andé !

Qu’est-ce qu’une résidence d’écriture ?

Une résidence d’écriture, c’est à la fois un stage d’écriture scénaristique, avec l’apprentissage, en général, de l’Histoire du scénario et ses grandes lignes, et des principales méthodes d’écriture, ET un accompagnement personnalisé dans ton travail d’écriture, avec l’aide d’un ou plusieurs script-doctors.

Une résidence d’écriture peut donc être considérée comme une sorte de « cours particulier » dont le but est d’aboutir à une version solide voire finale de ton projet. Dans certains cas, c’est le CNC lui-même qui dirige un auteur ayant déposé son projet lors d’une commission de lecture, vers une résidence, afin de définir si après ce travail de ré-écriture, le projet peut finalement être financé.

Dans d’autres cas, une résidence peut travailler en partenariat avec certaines chaînes TV ou productions et offrir l’opportunité au lauréat de la résidence d’être financé par l’un de ses partenaires. C’est le cas de la résidence Sofilm de genre (voir le site).

Qu’est-ce que le Moulin d’Andé ?

Si je vous demande le point commun entre François Truffaut, Jeanne Moreau, Louis Malle ou encore Alain Cavalier ?

Tous ont écrit, joué et/ou tourné au Moulin d’Andé !

Devenu un véritable refuge pour artistes en tout genre (musiciens, écrivains, poètes, acteurs…) à partir des années 1960, le Moulin d’Andé fait parti des sites artistiques les plus importants en France, notamment avec la création du Centre d’Écriture Cinématographique (CÉCI) du Moulin en 1998.

Depuis sa création, le CÉCI a développé son programme de soutien à l’écriture cinématographique à travers trois concours qui ont lieu chaque année:

La résidence Création Normande

Premièrement, il faut savoir que la résidence à laquelle j’ai participé (en partenariat avec Normandie Images) s’adresse aux auteurs résidant en Normandie (d’où son nom) puisqu’il s’agit ici de promouvoir la région et son activité cinématographique.

Bagages en main et scénario sous le bras, me voici en route pour le Moulin d’Andé, prête à relever le défi d’une semaine intensive d’écriture.

moulin andé
Le fameux Moulin !

Pour la novice que je suis, c’est à la fois terriblement palpitant mais aussi très stressant.

Une fois sur place, je découvre ceux qui deviendront mes camarades d’écriture; neuf auteurs ayant chacun leur propre vision du cinéma et avec qui je vais collaborer. Puisqu’il s’agit aussi de s’aider mutuellement sur les projets de chacun car, règle numéro une: tout conseil est bon à prendre !

Je fais aussi la connaissance des deux script-doctors qui seront nos maîtres Jedi de l’écriture durant la semaine.

Comment ça se passe une résidence d’écriture au Moulin d’Andé ?

Première étape: le supplice du tour de table. Véritable traumatisme du « Swann, au tableau » en CE1, nous connaissons tous ce moment délicat de la prise de parole en public, et même après des années de théâtre, ça ne m’est jamais vraiment passé… Ainsi, à tour de rôle, nous recevons les impressions de chacun concernant notre scénario et vice-versa, nous devons échanger sur les projets de tous. Une bonne manière de faire connaissance rapidement avec chaque auteur.

C’est maintenant au tour des script-doctors de prendre la parole. Stylo à la main, ultra-attentive, je ne loupe aucun des précieux conseils/retours/leçons pouvant sortir de leurs bouches ! N’ayant pas de formation d’écriture scénaristique, c’est une véritable aubaine pour moi !

Durant sept jours, ce tour de table rythmera nos matinées, histoire de nous donner du grain à moudre pour le reste de la journée !

L’après-midi, chacun travaille dans son coin, rectifie les éléments pointés du doigts lors du tour de table ou s’entraîne à l’écriture à l’aide de quelques exercices (dont je vous parlerais dans un prochain article) conseillés par les encadrants.

Pour ce travail individuel, le Moulin d’Andé est l’endroit PARFAIT où travailler: en tant que grande solitaire ayant besoin de calme et de concentration pour écrire, j’ai passé mes après-midis enfermée dans ma chambre; mais je sais que certains préféraient écrire dans la cafétaria, dans la salle de la Meule, célèbre pièce du Moulin dans laquelle Jeanne Moreau a posé (le grand jeu des résidents est d’ailleurs de reproduire la même pose, à sa manière. Je vous laisse admirer ma contribution en fin d’article !), ou encore dans le jardin, si la saison le permet.

Des rendez-vous individuels avec les script-doctors viennent aussi rythmer nos journées. C’est alors le moment de poser toutes nos questions à des professionnels dont le scénario n’a plus aucun secret. À leur tour, ils mettent en lumière des points clés de notre histoire, à développer ou à modifier.

Au fil de ces rendez-vous, j’ai notamment retenu une leçon: chaque auteur à un regard particulier, et c’est ce qui fait de son histoire, une histoire importante à raconter. Ainsi, il est important de retranscrire sa propre vision des choses dans son scénario et de ne pas essayer de se formater dans une sorte de ton universel.

Pour conclure chaque journée de travail, nous nous retrouvons tous en salle de projection pour visionner soit les réalisations de certains auteurs ayant déjà un peu de bouteille dans le métier; soit des films en lien avec le scénario d’un des auteurs. C’est le moment de lâcher prise, parce que, règle numéro deux : Parfois, il faut savoir sortir la tête de son scénario, pour mieux y replonger. Et la plupart du temps, c’est durant ces moments hors écriture que l’on avance le plus sur son histoire !

Le septième jour de la résidence est l’heure de vérité ! Lors de cette dernière journée, chaque auteur a rendez-vous avec un/e producteur ET un/e scénariste, sous l’oeil bienveillant des script-doctors. Chacun va ainsi faire un retour sur votre scénario à travers le prisme de son métier.

Ainsi, le producteur parlera davantage de faisabilité de projet ou de moyen de financement, tandis que le/la scénariste tiendra des propos davantage ciblés sur la structure du scénario ou sur la construction des personnages.

C’est alors le moment de prendre du recul sur l’évolution de notre projet depuis le premier jour de la résidence; mais aussi de mettre le pied à l’étrier concernant la suite de l’aventure, parce que oui, maintenant, il va falloir le le faire produire ce film; et il vaut mieux s’habituer dès à présent aux retours des producteurs et autres scénaristes !

Comment survivre à une semaine de résidence ?

Vous vous souvenez de vos longues heures passées en classe, à tenter de rester concentré(e) ? Et bien, une résidence d’écriture, c’est un peu la même chose ! Alors d’accord, c’est effectivement plus passionnant de travailler sur son propre projet, mais malgré tout, l’exercice demande une bonne dose de concentration et de persévérance.

En véritable Mike Horn de l’écriture (les crocodiles en moins), voici quelques conseils de survie que je peux vous donner suite à mon expérience en résidence:

  • N’aie pas peur de procrastiner: Non, ce n’est pas grave de se retrouver perdu(e) sur Facebook ou Youtube en plein milieu de ton écriture. Ton cerveau sature, inutile de te remettre au travail dans l’immédiat, profites-en pour sortir prendre l’air, aller boire un café… Parfois, il suffit de trente minutes de pause pour pouvoir se remettre efficacement au travail.
  • Sociabilise toi: L’un des avantages d’une résidence, c’est les rencontres qu’on peut y faire; qui plus est, avec des gens qui partagent ta passion. Tu auras toujours à apprendre de quelqu’un qui fait la même chose que toi; et puis, tu n’es pas à l’abri d’une future collaboration … (C’est le cas de Timothée le créateur de ce blog qui a rencontré son co-auteur au Moulin !)
  • Dors !: Alors oui, ça fait très maman de dire ça, mais c’est pourtant vrai ! Toute la difficulté d’une résidence est aussi de tenir sur la longueur. Sept jours, c’est long ! Si dès les premiers jours, tu accumules déjà des heures de sommeil à rattraper, la fin de ton séjour risque d’être long et pénible… (Même conseil pour les repas: essaie de manger sainement, histoire de ne pas te retrouver cloué(e) au lit durant ton séjour !)
  • Regarder un film fait aussi partie du job: ne culpabilise pas non plus de te poser devant un film, ça fait aussi partie de ton travail de documentation et d’inspiration. Finalement, ton travail ne se limite pas qu’à l’écriture.

Pour ma part, cette expérience en résidence a été mon premier « bagde » dans l’univers de l’écriture et m’a énormément apporté. Au-delà d’une culture scénaristique plus solide, j’ai aussi gagné en confiance en moi et en mon projet puisque, n’ayant pas suivi de formation d’écriture « traditionnelle », je ne me sentais pas forcément légitime à présenter mon projet.

La résidence peut donc être un excellent début pour un beau projet en devenir, et en plus, il y en a pour tous les genres et formats ! (voir Le calendrier des aides)

Et puisque je n’ai qu’une parole, voici mon humble contribution à la traditionnelle photo « façon Jeanne Moreau » lors de mon passage au Moulin d’Andé. PS: cette photo a été prise lors du 7ème jour de résidence, j’ai du trancher entre le glamour ou le sommeil…

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