En finir avec la procrastination

Je suis chez moi au calme. Ma copine n’est pas là. Tout ce que j’avais à faire est fait.

J’ai enfin le temps, le moment et l’espace … d’écrire.

Je m’assois à mon bureau.

J’allume mon ordinateur. J’ouvre mon logiciel de traitement de texte favori et …

je lance Youtube, puis Facebook, puis Twitter.

L’horloge tourne. L’envie d’écrire m’est passée.

Je ferai ça une prochaine fois. Peut-être demain, peut-être après demain.

Ou peut-être jamais.

Je viens de faire face à la résistance. (Pas celle de la seconde guerre mondiale, celle de Pressfield)

Dans cet article, nous parlerons de procrastination et comment faire pour y remédier.

Pourquoi est-ce si difficile de faire ce qui est important pour nous ?

Je vais vous raconter une histoire intime qui n’a pas grand chose à voir avec le scénario mais qui explique beaucoup de choses.

Quand j’étais à la fac, il y avait toujours deux trois nanas à me tourner autour.

Elles me faisaient des avances, que je rejetais souvent que j’acceptais parfois. Il m’arrivait aussi de draguer de temps en temps des femmes qui ne m’intéressaient que très peu finalement.

Résultat des courses : je n’étais pas épanoui dans mes relations.

Jusqu’au jour où une de ces femmes m’a demandé « Mais tu penses à quelqu’un d’autre ? »

Et là RÉVÉLATION. Épiphanie de la fin de l’acte II. Troisième noeud dramatique.

BINGO, je pensais à quelqu’un d’autre. Je pensais à cette femme absolument géniale assise au troisième rang pendant les cours que j’osais même pas regarder dans les yeux.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé que c’était cette femme que je voulais et que je n’avais jamais été capable de lui faire des avances.

Et alors là les amis, j’ai fait tout ce que j’ai pu. Entrée dans l’acte III. Je me suis mis à faire du sport, j’ai usé des mes charmes, j’ai fait des efforts vestimentaires pas toujours réussis ! Et je l’ai invitée à boire un verre.

Oui je sais, ça paraît rien comme ça. Et je vous assure que j’aurais pensé exactement la même chose que vous si ça avait été une autre fille. Mais c’était LA fille. Celle des films. Celle des ralentis.

Cette femme là !

ET J’AI RÉUSSI ! Nous nous sommes mis ensemble il y a 5 ans déjà !

Pourquoi je vous raconte ça ? Pour illustrer le concept de résistance de Pressfield.

Plus une action sera importante pour vous, plus vous peinerez à vous mettre en action pour la réaliser.

Dans mon cas de figure, il était bien plus facile de draguer des femmes pour qui je n’avais pas d’intérêt que de draguer celle qui me plaisait vraiment.

Tout simplement parce que le risque était moins important. Le rejet d’une personne que vous estimez vraiment est bien plus dur que le rejet d’une personne que vous estimez peu.

Dans son livre War Of Art, Steven Pressfield appelle cela : la résistance.

Et nous vivons exactement la même chose avec l’écriture.

Qu’est ce que la résistance ?

Plus une activité sera importante pour le développement de ton âme, plus tu ressentiras l’effet de résistance.

Steven Pressfield

La résistance, dans une activité créative concerne tous les mécanismes d’évitement qui nous détournent de notre travail.

La flemme : je n’écrirai pas aujourd’hui, je suis fatigué.

L’égo : j’écris quand l’inspiration vient (soit dans deux mois).

Le doute : est-ce vraiment bien ce que j’écris ?

La procrastination : elle est mortelle cette série ! C’est con, je dois rendre un premier jet demain. Mais bon la série ne fait que 12 épisodes, ça devrait le faire.

Le plus difficile avec une activité créative comme l’écriture n’est pas d’écrire. Ca c’est la partie sympa. Le plus dur, c’est de s’assoir à son bureau et de lancer la machine. Et votre cerveau fera tout pour vous détourner de votre travail.Commencer, c’est déjà la moitié du travail fait.   

Tout simplement parce que l’écriture est précieuse pour vous. Elle compte. Vous n’écrivez pas pour faire joli, vous écrivez parce qu’au fond de vous vous savez que c’est ce à quoi vous êtes destiné.

Et vous vous mettez la pression. Trop de pression.

Comment vaincre la résistance ?

Dans son livre, Pressfield le dit très clairement : vous devez devenir de vrais pros.

En ce sens, vous devez vous organiser.

Que fait le médecin ? Il se lève tous les jours de la semaine et il va bosser.

Vous devez en faire de même.

Votre activité créative doit être organisée et encadrée.

Vous devez écrire tous les jours. Même si c’est naze. Même si vous ne vous sentez pas « trop d’humeur » ou que l’inspiration n’est pas là.

Vous devez tuer le mythe du « j’écris quand vient l’inspiration ». J’ai intégré à mal cette vieille idée romantique. Et à tord. Croyez moi c’est complètement idiot. Évidemment qu’il y a des jours plus inspirés que d’autres mais les autres jours ne sont pas inutiles. Ils permettent de progresser, de s’améliorer et de travailler son art.

A votre avis, qui de celui qui travaille tours les jours ses histoires et de celui qui travaille un jour toutes les deux semaines progressera le plus vite ?

Comme dirait Wiz Khalifa « Hard work forever pays ».

Pour être honnête, je suis certainement tout aussi désorganisé que vous. Et à tort. J’écris régulièrement mais peut-être pas suffisamment. Et je me rends compte qu’à cause de mon manque de rigueur, je n’avance pas aussi vite que je le pourrais.

Il est temps pour moi de m’organiser et d’avancer en prenant mes responsabilités.

Je vous conseille d’ailleurs de lire le livre Écritures de Stephen King. C’est une autobiographie dans laquelle Stephen King raconte son quotidien d’auteur. Et vous savez quoi ? Stephen King écrit TOUS LES JOURS. Oui, TOUS LES JOURS.

Et il n’est pas le seul, j’ai lu récemment la biographie de George Lucas pour lequel l’écriture n’est pas une partie de plaisir. Lucas se forçait à rester sur sa chaise de bureau coûte que coûte jour après jour pour écrire Star Wars.

La clé pour vaincre la résistance n’est autre que la discipline. (Phrase de facho)

Comment j’ai hacké mon cerveau et presque vaincu la résistance

Quand j’ai commencé à écrire des scénarios, j’avais tendance à tout miser sur un projet. Je voulais que mon projet ait telle ou telle financement. Et quand je n’obtenais rien, je ne me remettais pas en question. Je me disais qu’on « avait pas du comprendre mon projet ». (Elle est pas mal celle-là, idéale pour se protéger. Belle phrase de victime ahah)

Aujourd’hui je me focalise sur le progrès. Si vous vous focalisez sur l’obtention d’une aide, vous risquez d’être déçu et vite démoralisé. Vous devez voir sur le long terme.

En vous concentrant sur votre progrès vous verrez l’évolution. Vous serez fier de vous. Si ce n’est pas celui-ci ce sera le prochain. Car le prochain sera meilleur. Car vous aurez fait en sorte de progresser. Vous aurez pris la responsabilité de travailler votre art.

Parfois, je désespère quand je vois mes projets échouer. Lors des repas en famille et qu’on me pose la question : « Tu en es où dans ton film ? Vous tournez quand ? », j’ai tendance à devenir bien rouge. En réalité, la route pour faire un film est plus longue que je ne l’imaginais.

Alors je vois loin. Je me dis, tant que tu progresses tu avances. Et je le vis beaucoup mieux ! Ca m’aide à dédramatiser.

J’ai moins de pression, je m’amuse plus et je me laisse faire des erreurs pour apprendre.

Autre hack qui m’a énormément aidé. Je savais que je devais apprendre à écrire. Je devais absolument lire des livres de théories, décortiquer des films, regarder des interviews d’auteurs et comprendre la dramaturgie. Mais résistance oblige, je fuyais. J’achetais les bouquins sans les lire. Jusqu’au jour où je me suis dit : fais un blog dans lequel tu résumes ce que tu apprends sur ton chemin au fil de tes lectures. Il ne s’agira pas de t’assoir et de lire un livre de théorie mais d’écrire un blog. Juste un blog.

Et c’est comme ça que ce blog est né. Ce blog c’est mon petit cheval de Troie. Je fais d’une pierre deux coups, en écrivant des articles je progresse et en progressant j’écris des articles.

J’ai tout simplement décalé mon objectif : progresser en écriture (RÉSISTANCE X 1000) par écrire un article de blog (Fastoche, j’avais un skyblog à 10 ans).

Pas bête la bête.

J’espère sincèrement avoir pu vous aider.

Je vous souhaite le meilleur dans vos projets.

Amicalement,

Timothée

PS : je vous conseille de lire cet article sur Pressfield de Valentin Decker qui est très réussi.

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