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La caméra stylo d’Alexandre Astruc à l’heure de Youtube et du smartphone

En première année d’études cinématographiques à Paris Diderot, nous avions des cours de textes théoriques. Cette matière m’était alors totalement inconnue. Le cursus voulait que chaque étudiant puise dans les plus grands textes sur le cinéma des idées, des théories et bien entendu des réflexions.

Nous avions par exemple étudié Deleuze, Bazin mais aussi Astruc. Tous m’ont profondément marqué.

Mais je dois dire que le texte m’ayant de loin le plus touché a sans nul doute été celui d’Astruc sur la caméra stylo.

Vous pouvez lire le texte en cliquant ici.

La caméra stylo qu’est ce que c’est ?

Dans son manifeste publié dans L’Ecran Français, Astruc, en 1948 développera le concept de caméra stylo de la sorte :

«Le cinéma devient peu à peu un langage. Un langage, c’est-à-dire une forme dans laquelle et par laquelle un artiste peut exprimer sa pensée, aussi abstraite soit-elle, ou traduire ses obsessions exactement comme il en est aujourd’hui de l’essai ou du roman. […] Aujourd’hui un Descartes s’enfermerait dans sa chambre avec une caméra de 16 mm et de la pellicule et écrirait le Discours de la méthode en film, car son Discours de la méthode serait tel aujourd’hui que seul le cinéma pourrait convenablement l’exprimer.»

Comprenez ici, qu’Astruc définissait le cinéma comme un langage qui se suffirait à lui-même. La caméra devenant un stylo, le stylo une caméra.

Toutefois, il ne faut pas oublier que cette idée s’est développée à mesure que le matériel cinématographique s’améliorait. C-a-d, qu’il devenait plus léger, plus simple à manier, plus libre.

C’était la convergence d’une idée de cinéma et d’avancées techniques.

Cette idée promettait un cinéma qui permettrait d’exprimer d’autres facettes de l’âme humaine qu’aucun autre médium ne permettait et ce en toute liberté.

La caméra stylo à l’heure de Youtube et du téléphone

L’idée de cet article n’est pas d’expliquer en détails ce concept avant-gardiste pour l’époque mais de le repenser aujourd’hui.

Et si, 70 ans après ce texte, ce fantasme était devenu réalité ?

Aujourd’hui, n’importe qui a avec lui un téléphone capable de filmer dans une qualité bien meilleure que dans les années 50. Les smartphones filment aujourd’hui en HD, parfois même en 4K.

Il est même possible de diffuser votre projet gratuitement, dans le monde entier grâce à des plateformes comme Youtube.

C’est assez extraordinaire. Le fantasme est devenu réalité.

Certes, vous ne pourrez pas concurrencer les Star Wars ou Avengers en jouant sur leur terrain, mais vous pourriez profiter de cette facilité pour créer autre chose.

Mes doutes de ce cinéma à portée de main

Pourtant, cette réalité, je l’ai toujours niée. Lorsque mon frère me parlait de l’opportunité de Youtube, je n’y prêtais guère attention. Je ne voyais là que des vidéos humoristiques, des vidéos sans expressions cinématographiques révolutionnaires, ne profitant pas des nouveaux moyens de langages amenés par cette révolution mais de la facilité de diffusion.

Certes, les moyens de diffusion venaient de prendre un nouveau tournant. Tournant qui m’attristait qui plus est : plus de grand écran, plus de confort de salle. Les pixels avaient remplacé le grain de l’image. Ces moyens de diffusion réduisaient la qualité de l’image, rendaient le gros plan quasi obligatoire pour être vu sur ce petit écran. Je ne voyais plus d’art là-dedans.

Mais il y a peu, j’ai découvert la chaîne de Van Neistat (le frère de Casey Neistat) et j’ai vu ce qu’il était possible de faire.

Ses vidéos m’ont paru révolutionnaires, pleines d’inventivité, de jeux avec les codes de Youtube et d’authenticité.

Il venait d’ouvrir une nouvelle voie, celle d’une caméra-stylo 2.0.

Je venais de comprendre que j’avais entièrement tort, pire, que je me réfugiais derrière mon ego.

Il est tout à fait possible d’innover et d’inventer dans ce nouveau contexte. Il en est la preuve même.

Et si je prenais ma caméra stylo 2.0 …

Alors je me suis mis au défi. Au défi de créer avec mon téléphone.

Sans artifice, sans projecteurs, sans budget. Avec honnêteté et transparence.

Comme un journal intime.

De simples vidéos très courtes qui raconteraient ce que je traversais jour après jour.

Cette dernière année a été très dure pour moi. J’ai été hospitalisé environ un an sur 14 mois.

C’était physiquement et psychologiquement éprouvant. J’avais besoin d’exprimer ce que je ressentais, ce que les simples mots ne me permettaient pas de partager.

Voilà ce que j’ai réalisé :

Trouver des idées nouvelles

Mes tests ne sont pas mauvais mais n’inventent rien de nouveau. Mais tout cela m’a lancé dans cette nouvelle forme d’expression.

Je compte continuer sur cette voie et chercher.

Chercher des idées nouvelles.

L’exercice m’a beaucoup appris. J’ai senti que je pouvais m’exprimer sans attendre des résultats de commissions, sans partir sur des projets de longue haleine.

J’ai pris énormément de plaisir à réaliser ces petits projets. Comme si je retrouvais le fun du début.

Et surtout, j’ai trouvé un nouveau terrain de jeu qui n’était pas plus loin que ma poche.

Qui sait ce que je trouverai sur mon chemin ?

J’espère que cet article t’aidera à te lancer simplement, à essayer de t’exprimer de cette façon.

Sans te mettre de pression.

Comme un journal intime en images.

Je te souhaite le meilleur.

Timothée

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