10 Notions et techniques de dramaturgie à connaître

Le scénariste a lui aussi ses petites astuces. Comme le magicien, il a plus d’un tour dans son sac. Dans cet article j’ai décidé de vous dévoiler une liste de procédés (non-exhaustifs) scénaristiques utiles. Bien entendu, tous n’ont pas à être utilisés dans vos récits. Pensez ces procédés comme des pistes d’écriture pouvant déclencher chez vous de l’inspiration ou non.

Voix off

La voix off est un procédé narratif consistant à faire entendre la voix d’un personnage par dessus vos images. Ce personnage n’a pas à être dans le cadre pour exister. Cette voix peut introduire l’histoire, venir commenter l’action, ou l’expliquer.

En tant qu’auteur, la voix off peut permettre une transmission d’information rapide. Bien utilisée, ce procédé peut apporter une forme de dynamisme à votre récit. Pensez par exemple aux films de Quentin Tarantino utilisant à merveille la voix off comme élément dynamique de jeu avec le spectateur.

MacGuffin

Le MacGuffin est un objet servant de prétexte au développement de l’intrigue. Cela peut être un objet magique, des plans, une valise, un trésor… Cet élément déclenche l’action. Pour autant, le MacGuffin n’a pas tant d’importance que ça et n’a pas à être explicité. Il sert de leitmotiv à l’histoire, rien de plus.

En tant qu’auteur, le MacGuffin est un bon moyen de lancer votre intrigue.

Setup payoff

Le procédé de setup payoff ou de paiement est un effet de surprise construit en trois temps.

  • Un élément est un introduit de manière discrète (setup).
  • Puis oublié.
  • Enfin, cet élément est utilisé pour résoudre la scène (le paiement). 

Le setup payoff peut être fait dans une même scène, ou bien d’une scène à l’autre.

Ce procédé peut également être utilisé dans un but comique.

Le point d’orgue

Le point d’orgue fait terminer une scène sur une information cruciale et lourde de sens.

Pensez à ces scènes clichés des intrigues policières se terminant grossièrement comme ça « Mais alors si ce n’est pas Grégoire qui a tué Brandon, qui est-ce ? ». Ou encore aux cambrioleurs parvenant enfin à ouvrir le coffre fort et découvrant que celui-ci est vide.

Le procédé du point d’orgue comme l’énonce Michel Chion dans son livre Écrire un scénario est une manière de terminer une scène par une information cruciale et ainsi, la mettre en valeur en l’opposant au calme de la séquence suivante.

Deus ex machina

Un deus ex machina est une résolution de l’intrigue par « miracle ». Cela peut être le hasard sortant le héros de l’impasse ou encore une action divine. Quoi qu’il en soit, ce procédé vient résoudre les problèmes comme « par magie ».

En tant qu’auteur, vous devez éviter à tout prix le deus ex machina. Cela traduirait certaines faiblesses dans la construction de votre récit et ne laisserait pas la place au héros d’être pro-actif face au problème.

Le hareng-rouge

Le hareng-rouge est une technique permettant de détourner l’attention du spectateur sur une fausse piste. Se faisant, le spectateur est pris par surprise lorsque l’intrigue se dénoue. Les informations étaient sous son nez, mais trop occupé à analyser de fausses pistes, il s’est fait avoir !

Souvent, la fausse piste est un faux suspect. Le spectateur se dit « c’est lui le coupable ! » et le récit l’emmène dans ce sens. Mais la réalité est tout autre !

Le hareng-rouge est un bon moyen de jouer avec le spectateur, ses attentes et son analyse des informations.

L’implant

L’implant permet « l’implantation » d’une information de manière discrète et anecdotique dans une scène et son exploitation frontale dans une autre. C’est l’effet « Ahhhh mais oui ! J’avais pas fait attention, mais on le voit au début ! ».

L’information ou l’implant est un détail n’ayant aucun intérêt sur le moment et prenant tout son sens pas la suite.

Pour l’auteur, ce procédé donne un côté très ficellé à l’intrigue. Mais attention, l’implant ne doit pas être trop explicite, téléphoné ou voyant. L’implant ne doit pas attirer l’attention du spectateur, sans être pour autant quasi invisible. Le dosage doit être parfait pour surprendre le spectateur.

L’implant permet d’éviter l’invraisemblable et force la cohérence. L’implant justifie une résolution de manière logique et fondée.

Le fusil de Tchekhov

Le principe de base du fusil de Tchekhov est simple : tout élément introduit dans ton scénario doit avoir une utilité sur l’action in fine. Si vous montrez un fusil sur une table, un coup de feu devra retentir avant le générique.

Comprenez que tous les éléments que vous introduirez dans votre récit devront être utile à votre histoire. En 1h30 vous n’aurez pas le temps de balader le spectateur avec des informations inutiles. En n’exploitant pas certains éléments vous vous jouerez des attentes du spectateur dans le mauvais sens du terme.

Le cliffhanger

Le cliffhanger désigne la fin d’un récit sur une situation plus que périlleuse ou un retournement de situation.

Ce procédé est souvent utilisé dans les séries pour donner envie aux spectateurs de regarder l’épisode suivant.

Le suspense et surprise

Je laisse la place au maître.

« La différence entre le suspense et la surprise est très simple. Nous sommes en train de
parler, il y a peut-être une bombe sous cette table et notre conversation est très ordinaire,
il ne se passe rien de spécial, et tout d’un coup, boum, explosion. Le public est surpris, mais
avant qu’il ne l’ait été, on lui a montré une scène absolument ordinaire, dénuée d’intérêt.
Maintenant, examinons le suspense. La bombe est sous la table et le public le sait,
probablement parce qu’il a vu l’anarchiste la déposer. Le public sait que la bombe explosera à
une heure et il sait qu’il est une heure moins le quart – il y a une horloge dans le décor ; la
même conversation anodine devient tout à coup très intéressante parce que le public
participe à la scène (…). Dans le premier cas, on a offert au public quinze secondes de
surprise au moment de l’explosion. Dans le deuxième cas, nous lui offrons quinze minutes de
suspense »

Alfred Hitchcock

Le flash back

Parfois, il vous faudra faire appel au passé dans votre histoire pour rendre compréhensible certains éléments de votre intrigue. Les flashbacks permettent ce retour en arrière temporaire dans le récit.

En tant qu’auteur, vous pouvez implanter des scènes se déroulant dans le passé. Mais attention à ce que le spectateur comprendre bien dans quel espace temps il se trouve ! Attention au mauvais goût que peut représenter ce genre de scènes.

Les ellipses

En tant qu’auteur, vous devez fatalement sélectionner les moments de vie importants au déroulement de votre intrigue. Vous ne pouvez pas TOUT montrer et TOUT raconter. Certains éléments seraient inintéressants et casseraient le rythme de votre histoire. Quel intérêt de voir tout le trajet de votre héros en bus ? Ou le voir se brosser les dents ou même aller aux toilettes ?

Pour faire « passer le temps », l’auteur fera des ellipses, des « omissions volontaires d’un fragment de l’historie, d’un moment ou d’un détail particulier ». (Écrire un scénario, Michel Chion, p290)

Le coup de théâtre

Un coup de théâtre est un retournement de situation imprévu dans l’intrigue. Le coup de théâtre fait basculer l’action brusquement et irrémédiablement. Ce procédé relance par ailleurs l’intérêt du spectateur par la surprise qu’il représente.

Le « Je suis ton père Luke » en est le parfait exemple. Darth Vador, le pire ennemi de Luke serait en fait … son père.

L’ironie dramatique

L’ironie dramatique est un procédé narratif créant un décalage entre ce que le héros sait et ce que le spectateur sait. Ainsi, le spectateur a des informations que le héros n’a pas encore, ce qui crée chez lui une implication profonde dans l’anticipation de la suite.

Par exemple, le spectateur d’une film d’horreur sait où se cache le monstre mais le personnage principal ne le sait pas. En voyant le personnage se diriger pile poil là où il ne faut pas, le spectateur appréhende la situation à venir.

J’espère avoir pu vous donner des idées.

Je vous dis à très vite.

Timothée

PS : si d’autres procédés vous viennent en tête, merci de me le dire en commentaire avec pourquoi pas une définition à votre sauce. J’ajouterai tout cela à l’article.

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