LA technique pour rendre une scène plus dynamique

Il faisait vraiment un temps de chien hier soir.

J’habite en pleine cambrousse et il faisait franchement froid.

Il y avait de la brume partout.

J’allume un feu et je me mets un film.

« Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas vu Harry Potter et le prisonnier d’Azakaban. »

Ca a toujours été mon Harry Potter fétiche. Je lance mon moldu de lecteur DVD.

Une scène, deux scène, trois scène … minute. Il y a quelque chose qui saute aux yeux dans la construction des scènes qui rend le tout très dynamique et hyper plaisant à regarder.

L’action secondaire :

Chaque scène semble construite autour d’une action secondaire. Comme une sorte de scène imbriquée dans une autre scène.

Et ça, ça me rappelle de vieux souvenirs de l’époque où j’étudiais l’animation.

Quand Walt Disney, dans les années 30 s’entourent des meilleurs dessinateurs du monde ils n’ont pas vraiment de base théorique sur laquelle s’appuyer. C’est pourquoi, ils décident de mettre sur papier les 12 principes d’animation qui créeront en images animées l’illusion de la vie.

Parmi ces 12 principes, celui de l’action secondaire.

Je vous invite à regarder cette vidéo, prenez à 1 minute 35.

Pour rendre plus vivante une animation, ces sages de l’animation donnent comme conseils de faire faire à vos personnages deux actions en même temps.

Faire bouger d’autres parties du personnage durant un mouvement principal donne à l’action plus de vie. Une personne qui marche peut également balancer ses bras, parler, siffler, ou exprimer une expression particulière avec son visage…
Il n’est pas à négliger que ces petits détails secondaires en mouvement font d’autant plus ressortir le personnage en action.

Vous visualisez ? En anim’, on voit souvent ce genre de procédé.

Mais alors où est ce que je veux en venir.

La double action pour camoufler un dialogue trop explicatif :

Regardez cette scène de Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban.

Le ministre de la magie donne une information cruciale à Harry Potter : il n’est pas renvoyé de Poudlard, et son délit pourtant grave (il vient de faire gonfler sa tante comme un ballon de bodruche) est complètement blanchi pour une raison … mystérieuse.

La ligne de dialogue du ministre de la magie est longue et très explicative.

Pour détourner notre attention et déjouer l’ennui de ces informations, Cuaron intègre une deuxième situation. Le majordome absolument effrayant, du ministre propose à répétitions des cookies, du café, du thé, en même temps à Harry.

On se retrouve avec une interaction importante + une interaction secondaire moins importante, les deux, en même-temps.

Vous me direz, sur une scène d’accord mais et le reste ?

La double action comme contre-point comique :

Et bien, le truc c’est que le procédé se répète.

Regardez ce qui se passe avant :

Le dispositif est assez amusant et crée une chute assez fun.

Harry, ses deux tantes et son oncle se chamaillent fortement.

Pendant ce temps, l’horrible Dursley n’aspire qu’à … regarder la TV.

Deux actions, en même temps.

Quand la tante gonfle comme un ballon, Dursley demeure complètement insensible, ravi de pouvoir enfin regarder la TV. La chute, moi, m’a bien fait rire.

La double action, peut aussi servir de contre-point comique.

La double action pour désamorcer la tension :

Dans une des premières scènes du film, Harry voit dehors un gros chien noir.

La scène fait vraiment peur.

Puis arrive un bus magique venant court-circuiter l’ambiance de la scène.

Le drôle de chauffeur de bus se présente, ignorant la présence du chien.

On se retrouve avec une scène amusante sur une scène d’épouvante.

Le chauffeur de bus regarde le bosquet, voyant très bien que le jeune Harry ne l’écoute absolument pas.

Et n’aperçoit absolument bien.

Grâce à ce procédé, Curaon rend la scène très dynamique et fait avancer l’action sur deux plans. Résultat on ne s’ennuie pas. Le rythme est plus soutenu.

Regardez le film si vous le souhaitez. Vous verrez comme le procédé est utilisé presque à chaque scène.

Si vos scènes vous semblent manquer de dynamisme, pourquoi ne pas ajouter une action secondaire en même temps.

Vous pourriez avoir des surprises.

Je vous souhaite comme toujours le meilleur.

Timothée

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