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Procrastination et écriture : déjouez la résistance créative

Vous rêvez d'écrire, mais les réseaux sociaux et la procrastination s'en mêlent ? Découvrez comment vaincre la résistance pour concrétiser vos projets d'écriture, avec des astuces concrètes inspirées des grands auteurs.

7 min de lecture
Procrastination et écriture : déjouez la résistance créative

L'appel de l'écriture et le piège de la procrastination

Je suis chez moi, au calme. Tout ce que j'avais à faire est fait. J'ai enfin le temps, le moment et l'espace pour… écrire.

Je m'assois à mon bureau. J'allume mon ordinateur. J'ouvre mon logiciel de traitement de texte favori et… je lance YouTube, puis Facebook, puis Twitter. L'horloge tourne. L'envie m'est passée.

Je ferai ça une prochaine fois. Peut-être demain, peut-être après-demain. Ou peut-être jamais.

Je viens d'être confronté à la résistance, un phénomène bien connu des artistes et des procrastinateurs. Dans cet article, nous allons explorer la procrastination et surtout, comment y remédier, notamment dans le contexte de l'écriture de scénarios.

Pourquoi est-il si difficile d'agir quand c'est important pour nous ?

Il est fascinant de constater à quel point nous pouvons nous éloigner des actions qui nous tiennent le plus à cœur. Laissez-moi vous raconter une histoire personnelle, qui, bien que n'ayant pas directement trait au scénario, illustre parfaitement ce mécanisme.

À mes années de faculté, j'étais souvent approché par des personnes pour qui je n'avais pas de réel intérêt. J'acceptais, parfois, mais sans jamais me sentir vraiment épanoui dans ces relations. Jusqu'au jour où l'une d'elles m'a demandé : « Mais tu penses à quelqu'un d'autre ? »

Et là, ce fut une véritable révélation ! Une épiphanie, tel le troisième nœud dramatique d'un scénario bien ficelé. BINGO, je pensais à quelqu'un d'autre ! Je pensais à cette femme absolument géniale, assise au troisième rang pendant les cours, que je n'osais même pas regarder dans les yeux.

C'est à ce moment précis que j'ai réalisé que c'était cette femme que je voulais, et que je n'avais jamais été capable de faire le premier pas. Et alors, chers lecteurs, l'acte III de cette histoire a débuté. Je me suis mis au sport, j'ai usé de mes charmes (avec plus ou moins de succès vestimentaire visiblement !) et je l'ai invitée à prendre un verre.

Oui, je sais, ça peut paraître anodin. Mais croyez-moi, si cela avait été pour n'importe qui d'autre, j'aurais probablement réagi différemment. Mais c'était ELLE. Celle des films. Celle des ralentis.

Image tirée du film Vertigo, de la femme idéale
Cette femme là !

ET J'AI RÉUSSI ! Nous nous sommes mis ensemble. Tout cela pour illustrer le concept de résistance de Steven Pressfield, auteur de The War of Art.

Plus une action est importante pour vous, plus vous aurez du mal à vous y mettre. Dans mon exemple, il était bien plus facile de flirter avec des personnes pour qui je n'avais pas d'intérêt profond que d'oser aborder celle qui me plaisait vraiment. La raison est simple : le risque de rejet était minime dans le premier cas, mais il devenait colossal pour la personne qui comptait le plus. Le rejet d'une personne que l'on estime réellement est bien plus douloureux.

Steven Pressfield appelle cela « la Résistance ». Et nous la rencontrons tous, particulièrement dans le domaine de l'écriture.

Qu'est-ce que la Résistance ?

Plus une activité sera importante pour le développement de ton âme, plus tu ressentiras l'effet de résistance.

Steven Pressfield, The War of Art

La Résistance, dans une activité créative, regroupe tous les mécanismes d'évitement qui nous détournent de notre travail. Elle se manifeste sous différentes formes :

  • La flemme : « Je n'écrirai pas aujourd'hui, je suis fatigué. »
  • L'ego : « J'écris quand l'inspiration vient » (ce qui peut vouloir dire dans deux mois, ou jamais).
  • Le doute : « Est-ce vraiment bien ce que j'écris ? »
  • La procrastination : « Cette série est mortelle ! C'est dommage, je dois rendre un premier jet demain. Mais bon, la série ne fait que 12 épisodes, ça devrait aller. »

Le plus difficile avec une activité créative comme l'écriture n'est pas d'écrire. C'est la partie la plus gratifiante. Le plus dur, c'est de s'asseoir à son bureau et de lancer la machine. Et votre cerveau fera tout pour vous détourner de votre tâche. Commencer, c'est déjà la moitié du travail accompli. Pourquoi cette lutte intérieure ?

Image d'un bouton Play barré

Tout simplement parce que l'écriture est précieuse pour vous. Elle compte. Vous n'écrivez pas pour faire joli, vous écrivez parce qu'au fond de vous, vous savez que c'est ce à quoi vous êtes destiné. Et inévitablement, vous vous mettez la pression. Trop de pression.

Comment vaincre la Résistance ? La Discipline au cœur du processus créatif

Dans son livre, Pressfield est très clair : vous devez devenir de véritables professionnels. Cela implique une organisation rigoureuse.

Que fait un médecin ? Il se lève tous les jours et va travailler. Vous devez faire de même avec votre vocation créative.

Votre activité créative doit être organisée et encadrée. Vous devez écrire tous les jours, ou du moins régulièrement. Même si l'inspiration n'est pas au rendez-vous. Même si vous avez l'impression que ce que vous écrivez n'est pas parfait.

Il est crucial de tuer le mythe de « j'écris quand l'inspiration vient ». J'ai longtemps adhéré à cette idée romantique, mais c'est une erreur. Bien sûr, il y a des jours plus inspirés que d'autres, mais les jours moins inspirés ne sont pas inutiles. Ils permettent de progresser, de s'améliorer, de « travailler son art ». Qui, à votre avis, progressera le plus vite: celui qui travaille ses histoires tous les jours ou celui qui le fait une fois toutes les deux semaines ?

Comme le dirait Wiz Khalifa : « Hard work forever pays ». Le travail acharné finit toujours par payer.

Pour être honnête, je suis moi-même quelqu'un qui a longtemps manqué d'organisation. Et à tort. J'écris régulièrement, certes, mais peut-être pas suffisamment. Je me rends compte que ce manque de rigueur m'empêche d'avancer aussi vite que je le pourrais. Il est temps pour moi, et peut-être pour vous, de mieux m'organiser et de prendre mes responsabilités.

Je vous conseille d'ailleurs de lire le livre Écriture : Mémoires d'un métier de Stephen King. C'est une autobiographie dans laquelle Stephen King raconte son quotidien d'auteur. Et vous savez quoi ? Il écrit TOUS LES JOURS. Ce n'est pas une exception : j'ai lu récemment la biographie de George Lucas, pour qui l'écriture n'était pas une partie de plaisir. Pourtant, il se forçait à rester sur sa chaise, coûte que coûte, jour après jour, pour écrire Star Wars.

La clé pour vaincre la Résistance n'est autre que la discipline.

Comment hacker son cerveau pour réduire la procrastination

Lorsque j'ai commencé à écrire des scénarios, j'avais tendance à tout miser sur un seul projet. Je voulais absolument qu'il obtienne tel ou tel financement. Et quand ça ne marchait pas, je ne me remettais pas en question. Je me disais qu'on « n'avait pas dû comprendre mon projet ». Une belle phrase de victime pour se protéger !

Aujourd'hui, je me focalise sur le progrès. Si vous vous concentrez uniquement sur l'obtention d'une aide financière ou d'une reconnaissance immédiate, vous risquez d'être déçu et vite démoralisé. Il faut voir sur le long terme.

En vous concentrant sur votre progression, vous verrez votre évolution. Vous serez fier de vous. Si ce projet-ci n'aboutit pas, ce sera le prochain. Car le prochain sera meilleur, puisque vous aurez progressé. Vous aurez pris la responsabilité de travailler votre art.

Parfois, je désespère quand mes projets échouent. Quand on me demande lors des repas de famille : « Où en es-tu dans ton film ? Vous tournez quand ? », je rougis souvent. En réalité, le chemin pour faire un film est plus long et imprévisible que je ne l'imaginais.

Alors, je regarde loin. Je me dis : « tant que tu progresses, tu avances. » Et je le vis bien mieux ! Cela m'aide à dédramatiser. J'ai moins de pression, je m'amuse plus et je me permets de faire des erreurs pour apprendre.

Un autre « hack » qui m'a énormément aidé : je savais que je devais apprendre à écrire. Je devais lire des livres de théorie, décortiquer des films, regarder des interviews d'auteurs et comprendre la dramaturgie. Mais la Résistance m'en empêchait, je fuyais. J'achetais les bouquins sans les lire. Jusqu'au jour où je me suis dit : « Crée un blog dans lequel tu résumes ce que tu apprends au fil de tes lectures. Il ne s'agira pas de t'asseoir et de lire un livre de théorie, mais d'écrire un blog. Juste un blog. »

Et c'est ainsi que ce blog est né. Il est mon petit cheval de Troie. Je fais d'une pierre deux coups : en écrivant des articles, je progresse, et en progressant, j'écris des articles.

J'ai tout simplement décalé mon objectif : passer de « progresser en écriture » (Résistance x 1000) à « écrire un article de blog » (Fastoche, j'avais un Skyblog à 10 ans). Plutôt malin, non ?

J'espère sincèrement avoir pu vous aider avec ces réflexions et ces astuces. Je vous souhaite le meilleur dans tous vos projets créatifs.

Amicalement,

Timothée

PS : Je vous conseille également de lire cet article sur Steven Pressfield rédigé par Valentin Decker, qui est très réussi : Les leçons de The War of Art.

Pour aller plus loin

Des formations pensées pour approfondir ce sujet et passer à l'écriture.

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